La scolarisation secondaire après 14 ans en 1962

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Au début des années 1960 l’obligation scolaire ne s’applique que jusqu’à 14 ans, âge supposé de l’obtention du certificat de fin d’études primaires.  La proportion de jeunes qui entrent en sixième représente un peu plus de la moitié (56%) de la classe d’âge, les abandons de scolarité  interviennent dès après la cinquième. Dans le groupe d’âge des 14-19 ans, les enfants des ménages les moins favorisés, sont moins de un sur deux  à entrer dans une formation secondaire et la moitié d’entre eux entreprend une formation professionnelle ou technologique, avec prédominance des formations courtes menant à un CAP. À l’inverse les enfants des ménages  dont au moins l’un des membres a suivi des études secondaires, voire universitaires (enseignants, professions libérales), suivent très majoritairement eux-mêmes des formations secondaires voire supérieures. La proportion est moindre pour les enfants de chefs d’entreprises ou de commerçants.  En 1962 l’INSEE fait la comparaison entre les enfants des ménages agricoles et des ménages non-agricoles parce qu’à cette date les ménages agricoles représentent encore 18,5% de la population.

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Les proportion de jeunes en formation initiale baisse rapidement avec l’avancée en âge, plus d’un quart des jeunes quittent l’école dès 13 ans, certificat d’études obtenu ou non. Si 60% des jeunes sont encore en formation à 15 ans, deux ans plus tard ils ne sont plus qu’aux environs d’un tiers. Il est à remarquer que la poursuite des études est toujours plus importante pour les enfants des ménages non-agricoles et pour les filles que les garçons. A partir de 19 ans et le début des études supérieures,  le rapport s’inverse, les garçons deviennent majoritaires. Au moins trois fractures traversent la population scolaire à partir de 16 ans : une fracture socio-spatiale entre enfants de travailleurs agricoles et le reste de la population, une fracture sociale entre enfants de prolétaires et les autres, une fracture entre filles et garçons des travailleurs agricoles.

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A l’échelle régionale, à partir de l’exemple du Nord Pas-de-Calais, on constate des  fractures tout aussi importantes dans les groupes les moins aisés de la population, ainsi les enfants des ouvriers spécialisés et des manœuvres résidant dans le Nord ne sont-ils que moins d’un tiers en formation entre 14 et 19 ans (proportionnellement plus entre 14 et 16 ans) et beaucoup moins après 17 ans. Environ le dixième de ceux  qui  sont  en  formation  sont  encore à l’école  primaire, préparant  le  certificat d’études après 1  ou deux redoublements. Pour mémoire actuellement les jeunes sont encore scolarisés à plus de 90% jusqu’à 17 ans, à 18 ans ils ont un taux de scolarisation supérieur à celui des 14 ans en 1962 et à 19 ans le taux est supérieur à celui des 15 ans de l’époque. (RERS)

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La première classe d’âge qui bénéficie de la réforme  est celle  des  enfants nés en 1953. Ce qui provoquemécaniquement une augmentation importante de la scolarisation pour cette classe jusqu’à 16 ans mais le gain est limité une fois les 16 ans atteints. (L’absence de données sur les scolarités dans le privé réduit en conséquence la portée des conclusions)

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Regard sur l’évolution passée

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« Entre les années 1960 et la fin des années 1980, le nombre de collégiens et lycéens pour 100 élèves du primaire est passé de 45 à plus de 80, par le double effet de la croissance générale et souvent accélérée des effectifs des collèges et des lycées et la diminution, ou, au mieux, de la croissance ralentie de ceux du primaire. Mais cette secondarisation a été fort inégale. Très forte dans la France du Nord, Bretagne exceptée…  » RH RR 1994.

Référence à l'Atlas1994
 
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Source :
ife.ens-lyon.fr/publications/edition-electronique/histoire…/INRP_RH066_7.pdf Briand J.-P. Le renversement des inégalités régionales de scolarisation et l’enseignement .  primaire supérieur en France, Fin XIX°-milieu XX° siècle
 Hérin R., Rouault R., Atlas de la France scolaire de la maternelle au lycée, RECLUS/Documentation française, 1994
Chesnais J.-C. « La population des bacheliers en France. Estimation et projection jusqu’en 1995 » in Population, Année 1975; N°30-3                                                                                                                                                                                                                       
   Thérèse Locoh, « La population des ménages agricoles. Émigration et vieillissement. Résultats depuis 1962 et perspectives jusqu’en 1975 » in Population n° 25-3 Année 1970  pp. 497-516

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Mise en ligne : 10 Mai 2019                               Mises à jour : 22/12/2020,  05/08/2021,

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