Une formation en école normale départementale.
La création des écoles normales d’instituteurs est imposée par la loi Guizot du 28 juin 1833 qui confirme la nécessité de former les maîtres de l’école primaire dans tous les départements. Cette obligation est étendue aux écoles normales d’institutrices par la loi Paul Bert du 9 août 1879.
Depuis l’origine le recrutement et la formation des instituteurs et institutrices sont organisés département par département afin d’ajuster le nombre d’enseignants aux besoins en personnel. Les femmes et les hommes sont recrutés de manières séparées, ceux-ci ne peuvent enseigner que dans les classes de garçons et éventuellement les classes uniques mixtes. Les enseignants des écoles de filles et des maternelles sont exclusivement des femmes. Trois voies sont possibles pour accéder à la profession : l’entrée sur concours à l’issue de la troisième suivie d’une année de formation professionnelle, l’entrée en année de formation professionnelle sur concours après le baccalauréat, l’intégration dans le corps des titulaires après l’exercice d’une suppléance pendant plusieurs années et d’une formation complémentaire.
Dès 1955, tous les candidats possèdent le baccalauréat, alors qu’au XIX° et au début du XX° siècle, le brevet supérieur était le diplôme de référence. La formation par les écoles normales de filles et de garçons permet aux lauréats du concours après la troisième de bénéficier d’une bourse complète, en échange d’un engagement décennal auprès de l’État. Cela permet à des jeunes de milieux modestes de poursuivre leurs études. Au début des années 1960, les possibilités de poursuite d’études pour les élèves des écoles normales d’instituteurs ou d’institutrices sont peu nombreuses, si ce n’est pour une centaine d’entre eux (108) admis dans les classes préparatoires aux écoles normales supérieures et ceux se formant à l’enseignement bivalent en collège (827) comme professeur d’enseignement général de collège (PEGC). Même s’il s’agit d’anticiper l’application de la réforme Berthoin qui prévoit la généralisation de l’entrée en collège, l’effort de formation reste réduit et ne représente qu’un peu plus de 3% des effectifs en formation dans les écoles normales départementales.
Pour répondre aux besoins différenciés selon le genre, nationalement un peu plus de 13 000 garçons et aux environs de 15 900 filles sont en formation. Les lauréats du concours après la troisième sont majoritairement originaires de familles populaires ou peu diplômées et ont commencé leur scolarité secondaire dans des collèges d’enseignement général ou des cours complémentaire. La proportion d’enfants issus des classes moyennes ou diplômées est un petit peu plus élevée dans les formations sélectives (enseignement secondaire et préparation aux écoles normales supérieures).

Au début des années 1960, comme le baccalauréat est préparé en trois ans et que la formation professionnelle n’en dure qu’un, les élèves des écoles normales sont très majoritairement dans les classes secondaires. Le souci premier de l’institution
est d’assurer une formation générale de base à un nombre suffisant d’enseignants pour pouvoir accueillir ultérieurement des classes d’âge plus nombreuses et plus scolarisées (développement de l’enseignement maternel et de l’enseignement secondaire). L’allongement de la formation professionnelle, généralisée à 2 ans, en 1967-1968 entraîne la suppression du concours d’entrée après la troisième au début des années 1970, en 1973 et le report du concours d’entrée après le baccalauréat. Les écoles normales départementales perdent leur fonction sociale, du fait de la suppression du financement des études secondaires des futurs enseignants comme c’était le cas jusque là.
Pour en savoir plus consulter l’article « la formation des maîtres en France 1792-1990 rédigé par Marcel Grandière et Rémi Paris sur le site du laboratoire de Recherche historique Rhône-Alpes ‘UMR 5190) http://rhe.ish-lyon.cnrs.fr/?q=toformation-1792-1914 et le site du Sénat : https://www.senat.fr/evenement/archives/D42/loi1879.html
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La formation des enseignants du primaire dans les années 1960 le 01/08/2023
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