L’enseignement privé hors contrat : identité et particularisme

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La loi Debré de 1959 (voir encadré ci-dessous) complétée par la loi Gatel organise les rapports entre les établissements d’enseignement privé et l’État en différenciant les établissements liés ou non par un contrat (simple ou d’association) pour la création des classes. La très grande majorité des établissements privés confessionnels dépendant des OGEC sont sous contrat et accueillent la quasi-totalité des élèves de l’enseignement. Cependant un peu plus de 1200 écoles élémentaires ou maternelles et un peu plus de 1000 établissements secondaires privés fonctionnent hors contrat et accueillent aux environs de 90 000 élèves* tous cycles confondus. Le choix de l’absence de  contrat de la part des responsables de ces écoles et établissements résulte le plus souvent  du refus des  contraintes réglementaires découlant des contrats. et de disposer en conséquence d’une grande liberté pour organiser leurs enseignement. Sans disposer de données statistiques établies par le ministère l’on peut classer la plupart des écoles et établissements à partir des informations présentes sur leur site internet, puisqu’elles en disposent presque toutes. Ce désir de liberté est suscité par trois raisons principales, laconservation d’un enseignement ayant une dimension traditionaliste affirmée quelle que soit la religion, le désir de mettre en œuvre des projets éducatifs particuliers en terme de pédagogie ou de cadre idéologique,  la formation à des métiers sans préparation à un diplôme national

Les écoles confessionnelles hors-contrat sont gérées aussi bien par des fraternités catholiques en désaccord avec l’église de Rome, que par des organisations religieuses  juives ou musulmanes. Leurs responsables rejettent les programmes et horaires officiels des disciplines et intègrent l’éducation religieuse dans l’emploi du temps, refusent certaines théories scientifiques. Pour certaines d’entre elles  la revendication de la pratique de méthodes traditionnelles d’apprentissage de lecture ou de gestion de la discipline est affirmée, ainsi que parfois  la non-mixité.WD3078partEFFECTIFSELEMENTAIRESHORSCONTRAT20102019

Même le code de l’éducation n’impose pas de méthode pédagogique le respect des horaires et des programmes est impératif pour l’établissement d’un contrat et donc la prise en charge du salaire des enseignants. En conséquence le choix de méthodes alternatives, telle la méthode Montessori ou l’enseignement en langue régionale (Diwan, écoles basques ou catalanes) conduit à la création d’écoles ou d’établissements secondaires hors contrat. Depuis quelques années, à l’initiative de parents qui éventuellement se constituent en d’associations, l’accent est mis sur l’éducation à l’environnement ou à des formes différentes d’organisation de l’état (école démocratique). C’est pour les mêmes raisons que des écoles bilingues s’implantent dans les grandes métropoles, notamment là où l’Éducation nationale n’offre pas de lycée internationaux.

 

 

 

Jusqu’à la création des baccalauréats professionnels puis leur diversification, des sociétés privées ont assuré la préparation à des métiers dont l’exercice n’imposait pas de détenir un diplôme reconnu par l’état ou pour lequel les employeurs se satisfaisaient d’une main d’œuvre sans diplôme (dactylographie, tourisme). Depuis ces écoles ont recentré leur activité sur des formations accessibles après la terminale, sans exiger forcément le baccalauréat.

Les établissements privés de rattrapage scolaire sont en voie de disparition en raison à la fois de la massification de l’accès au baccalauréat et du développement des sociétés de soutien ou d’approfondissement scolaire. Les « boîtes à bac » disparaissent.

Toutes les écoles hors-contrat sont payantes et le plus souvent ne permettent pas aux élèves boursiers de conserver cette aide à moins que l’enseignement général ne soit assuré par des personnes ayant obtenu des diplômes ou des qualifications validées par l’Éducation nationale.

Les effectifs de l’enseignement hors contrat qui ne constituent qu’une faible part du total du privé  augmentent régulièrement et de manière relativement rapide pour le premier degré (maternelle et élémentaire) alors que dans le second cycle après une phase de croissance jusqu’au début des années 2010, il y un plutôt une diminution sauf en collège. Des parents sont à la recherche d’établissements proposant une pédagogie alternative correspondant à des idéaux sociétaux ou politiques.

 

Dans les seconds cycles, le hors-contrat perd de l’influence tout en accueillant chaque année un peu plus d’élèves. Cela tient à l’amplification de l’accès aux baccalauréats professionnels. 

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Une présence peu visible

Les écoles hors-contrat ne représente qu’une faible part des écoles élémentaires privées, jamais plus d’une sur dix, mais une sur vingt dans la plupart des départements. Seuls cinq départements font exception, Paris et les Yvelines en métropole, la Guadeloupe, la Martinique et Mayotte en Outremer.

 

 

 

Des créations récentes et moins durables

La proportion d’établissements ouverts depuis 2010 est beaucoup plus importantes pour ceux qui sont hors contrat que pour ceux sous contrat. Ainsi les deux tiers des écoles élémentaires hors contrat ont moins de 15 ans. Quel que soit le type d’établissement, plus de la moitié d’entre eux ont été créée depuis 2015. 

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En Pays de Loire, une implantation essentiellement urbaine.

Les trois départements du sud de la région Pays de Loire forment avec la Bretagne l’aire de plus forte implantation de l’enseignement privé confessionnel. Comme ailleurs les écoles hors contrat relèvent de trois projets différents, l’entre-soi religieux de groupes traditionalistes,  l’attachement à des projets pédagogiques alternatifs (pédagogie Montessori) et projets centrés sur l’écologie, le souhait d’une éducation bilingue (français-breton, français-anglais). Les écoles hors contrat sont le plus souvent implantées dans les chefs-lieux de département et leur périphérie lorsque la motivation n’est pas exclusivement religieuse.

 

*Note technique : Les statistiques relatives à l’enseignement privé hors contrat ne sont réellement disponibles que depuis 2011 et ne sont pas véritablement stables. Avant cette année on ne les trouve que dans Repères et Références 2003 mais arrêtées à l’année 1999-2000. Depuis 2022 les données de la DEPP sur les élèves de l’enseignement privé hors-contrat se limitent à ceux qui ont moins de 16 ans en conséquence pour le nombre de lycéens n’est qu’une estimation. En 2021, dernière année avec des effectifs complets, la DEPP recensait 31 378 élèves dans des établissements secondaires privés hors-contrat dont 20 361 de moins de 16 ans ; soit 64,9%. Si cette répartition est restée stable on peut estimer qu’en 2025 pour 24597 élèves de moins de 16 ans, il y en a aux environs  de 13500 de plus de 16 ans soit au total 38000 collégiens et lycéens.

Mise en ligne le 10 juin 2020       Mise à jour en cours depuis le 03/09/2026      Mise à jour précédente 01/08/2021

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