La médecine scolaire, un service avec de moins en moins de médecins
Le nombre de médecins scolaires a
diminué de près de 40% entre 2007 et 2022, en conséquence le nombre moyen d’élèves pris en charge par chacun d’eux est passé de 4700 à 6800 pour l’élémentaire et de 3800 à 5600 pour le secondaire. Au premier janvier 2020, le nombre de postes budgétaires de médecins scolaires était de 1369, mais une proportion importante d’entre eux étaient vacants. Entre un tiers et un quart ont été mis au mouvement pour la rentrée
2020, dont beaucoup sont restés vacants. Le
nombre effectif de médecins actifs est de 855 à la rentrée 2022, mais certains sont des intérimaires et d’autres n’exercent qu’à temps partiel. (Seulement 699 titulaires en 2022). Des vacataires, aux environs de 240, sont employés pour remplacer les titulaires, mais compte-tenu de la faible rémunération, ce n’est jamais sur un temps plein. Chaque médecin scolaire a en charge en 2021-2022, 15 000 élèves (premier et second degrés réunis),
c’est 1 000 de plus qu’en 2020. S’il voyait chaque élève une fois dans l’année scolaire il ne pourrait lui consacrer
qu’un peu plus de 4 minutes (semaine de 4,5 jours et de 8 heures par jour) à condition de n’avoir aucune autre tâche. . Dans les faits les médecins scolaires assurent essentiellement les visites obligatoires imposées par la loi, celles qui concernent les élèves de l’école maternelle et élémentaire. La charge de travail à ce niveau est importante, mais répartie de manière très inégale selon les départements. Ainsi en 2011, dernière année pour laquelle le nombre de médecins scolaires par département est disponible, le ratio élèves/ médecin variait de 1 à 5. En Corse du Sud ce ratio était inférieur à 2000, en Mayenne il dépassait 8450. Il était particulièrement élevé en Seine-et-Marne, à Paris et dans sa première couronne, ainsi que dans les départements situés autour de l’île de France et ceux d’une bande allant de la Loire au Gard.
La réalisation des visites prévues par la loi est très inégale selon les départements, par exemple le taux moyen de réalisation de la visite de la 6ème année scolaire est de 18%, nul dans certains départements et de 83,5% dans un seul d’entre eux.
* source syndicale juin 2021
La présence des infirmières scolaires ne s’améliore pas
Le nombre d’infirmières
diminue lentement, 7887 en 2019, 7774 au début 2020, 6698 en 2021-2022 ce qui fait que le nombre d’établissements secondaires qui en sont dépourvus, totalement ou partiellement, augmente. Le nombre d’élèves qu’elles ont à prendre en charge est particulièrement élevé dans les académies à forte population scolaire et à grands établissements : région parisienne, à l’exception de Paris, et dans les académies du sud-est de la France, ainsi qu’à Mayotte en raison de la forte croissance démographique.
Ces infirmières assurent l’essentiel de la présence médicale dans les collèges et les lycées. Leur mission est définie par la circulaire ministérielle n° 2001-14 du 12 janvier 2001:
« L’infirmier(ère) accueille tout élève qui le (la) sollicite pour quelque motif que ce soit, y compris d’ordre relationnel ou psychologique, dès lors qu’il y a une incidence sur sa santé ou sa scolarité. Après un entretien personnalisé, moment privilégié qui permet de nouer une relation de confiance au cours de laquelle l’élève peut exprimer une demande, un malaise, une souffrance en toute confidentialité, il (elle) évalue la situation, pose un diagnostic infirmier dans le cadre de son rôle propre, met en place la démarche de soins adéquate et si l’urgence le justifie, oriente vers la structure la plus adaptée. »
Leur rôle n’est donc pas cantonné à une intervention d’urgence en matière sanitaire (blessures ou douleurs) et en plus des actions de prévention et d’éducation à la santé comporte une dimension relationnelle et psychologique.
L’assistance sociale scolaire, une fonction créée après la reconnaissance des ZEP
La présence des assistantes
sociales n’a été développée qu’à partir du milieu des années 1980 et stabilisée au cours des années 2010. Au 01/01/2020, elles étaient aux environs de 2 800 titulaires et 530 vacataires, les effectifs diminuent lentement. Elles ont en charge les élèves de plus de 8 000 collèges et lycées. Elles ne peuvent donc avoir dans la plupart des établissements qu’une présence à temps partiel.
Quand les communes font la différence…
Selon un rapport de l’Assemblée nationale, datant de 2011 (voir ci-dessous), 13 communes conservent un service communal d’hygiène et de santé avec des activités de santé scolaire, principalement des grandes villes. Par ailleurs, neuf communes des Hauts-de-Seine mettent des infirmières à disposition de l’Éducation nationale. Certains de ces services datent du XIXème siècle, d’autres ont été créés dans l’entre deux-guerres (Grenoble, Villeurbanne et Saint-Quentin) ou juste après la Seconde Guerre Mondiale. (Antibes-Juan-les-Pins, Clermont-Ferrand, Nantes et Vénissieux). À l’exception de 2 communes (Antibes et Paris), ces services interviennent à destination des élèves de l’école élémentaire. Huit communes prennent également en charge les classes de maternelle. Deux communes limitent le service aux seuls écoles élémentaires publiques. Dans ces communes, le nombre moyen d’élèves suivis par un médecin varie du simple au triple, mais reste toujours inférieur à la moyenne nationale calculée pour les médecins scolaires de l’Éducation nationale. Au total cette contribution des municipalités à la santé scolaire s’adresse à 310 000 élèves, représentant 4,6 % des effectifs nationaux.(Année 2011). Le rapport de mai 2023 ne fait pas état de la contribution des municipalités à la médecine scolaire.
| Nombre d’élèves suivis | Nombre d’emplois de médecins à temps plein | Nombre moyen d’élèves par médecin | |
| Paris | 142 000 | 64 | 2200 |
| Grenoble | 13 500 | 6 | 2250 |
| Antibes- Juan les Pins | 7 700 | 2,9 | 2650 |
| Lyon | 23 000 | 8,4 | 2740 |
| Nantes | 17 500 | 6 | 2920 |
| Cannes | 5 700 | 1,6 | 3560 |
| Bordeaux | 18 500 | 4,8 | 3855 |
| Strasbourg | 22 500 | 5,6 | 4020 |
| Villeurbanne | 9 700 | 2,4 | 4040 |
| Saint-Quentin | 5 398 | 1 | 5400 |
| Nice | 30 000 | 4,4 | 6800 |
| Clermont-Ferrand | 8 600 | Suivi assuré uniquement par du personnel infirmier | |
| Vénissieux | 5 269 | ||
Source : Rapport d’information N° 3968 , Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 17 novembre 2011. Déposé par le comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques et présenté par M. Gérard Gaudron et Mme M. Pinville, députés.
Source : (cf Bilan social national 2017-2018)
Comment ont été rassemblées les données présentées dans cette page :
Lors de la création de cette page le 20/12/2019, les données ont été reprises à partir des différentes éditions de Repères et références statistiques antérieures à 2016. Le bilan le plus récent proposé au téléchargement sur le site du ministère datait de mars 2016 « Statistiques, bilans et études relatifs aux personnels ingénieurs, administratifs, techniques, sociaux et de santé et des bibliothèques (BIATSS) » date de mars 2016.
Deux mises à jour, effectuées le 17/01/2020 et le 30/07/2021, ont été rendues possibles grâce à la communication des données par « SNMSU-UNSA » Éducation, syndicat national et majoritaire des médecins scolaires et universitaires ».
La mise à jour du 04/04/2023 se fonde sur un document produit par le ministère en 2022, « Panorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire 2021-2022 »
La mise à jour du 07/01/2024 intègre les éléments fournis par le projet de loi de finances 2024 et le Rapport d’Information déposé , en application de l’article 146 du Règlement , par la commission des Finances de l’économie générale et du contrôle budgétaire, sur la médecine scolaire et la santé à l’école, présenté par M. Robin REDA, rapporteur spécial
Les enseignants du public : des ressources humaines très inégalement affectées
Les enseignants du privé, moindre qualification et plus grande précarité
État des besoins et des moyens
