A partir de la fin des années 1960, la mixité est devenue un objectif dans le système éducatif français, puis une obligation à partir de 1975. Aucune orientation ou sélection ne peut être opérée réglementairement en fonction du genre. Néanmoins, en dépit de meilleurs résultats dans l’ensemble des formations, on constate que les filles accèdent en moindre proportion que les garçons aux formations réputées ou prestigieuses. En 2024-2025, elles restent minoritaires dans les spécialités scientifiques de terminales (46,6% en physique chimie, 41,8% en mathématiques, comme dans les classes préparatoires aux grandes écoles (40,3%) surtout dans les filières scientifiques (30,1%) comme dans les écoles d’ingénieurs (29,6). À l’inverse elles restent majoritaires dans les formations des domaines littéraires, linguistiques, artistiques ou des sciences humaines et sociales (72,6%) . L’action de l’école en faveur de l’égalité ne suffit pas a faire évoluer la répartition des tâches, des fonctions et des responsabilités selon le genre, aussi bien dans la famille que dans les entreprises, voire même dans toutes les fonctions publiques.
Dès l’école maternelle, il y a plus de garçons en difficulté scolaire que de filles
Le genre est une des variables explicatives de la difficulté scolaire, à l’école primaire et particulièrement dans les classes accueillant les élèves en grande difficulté, les filles y sont proportionnellement moins nombreuses que les garçons.
Le retard, signe de grande difficulté, est légèrement moins fréquent chez les filles que chez les garçons. L’augmentation enregistrée au fil des classes ne signifie pas automatiquement un accroissement du nombre d’élèves en difficulté, mais la présence à ce niveau d’élèves ayant rencontré à un moment des difficultés ayant entraîné un redoublement. En déduire que la proportion d’élèves en difficulté augmente reviendrait à constater que le redoublement ne sert à rien.
Alors qu’entre la 6° et la 3° la part des filles dans l’effectif total est légèrement inférieure à
celle des garçons, du fait de la légère surnatalité masculine, on constate une sous-représentation des filles dans les groupes qui ne sont pas à l’heure (à l’âge normal). Elle est légère pour le groupe des élèves en « avance » et beaucoup plus prononcée dans celui des élèves en retard et en grand retard. Cet écart est plus appuyé dans les établissements du privé que dans ceux du public. De même, quelle que soit l’origine sociale des élèves de sixième, la proportion de filles en retard est toujours inférieure à celle des garçons. On ne peut que regretter que les données croisant la position scolaire (avance/retard) et l’origine sociale ne soit plus présente dans les tableaux de Repères et Références. Ce qui explique le maintien sans mise à jour des données de 2017 dans cette page.
La féminisation des formations secondaires littéraires ou tertiaires
L’orientation de fin de 3ème conduit proportionnellement plus de filles dans les classes de seconde générale ou technologique et plus de garçons dans classes de seconde professionnelle. L’on pouvait jusqu’en 2024 avoir un aperçu de cette répartition inégale à travers la position scolaire à 17 ans. La nouvelle édition de Repères et références ne donne plus cette information. L’écart tient à plusieurs facteurs, la meilleure réussite des filles facilite leur accès aux formations générales, les emplois tertiaires vers lesquels elles se dirigent plus fréquemment que les garçons ne nécessitent pas une spécialisation professionnelle avant le baccalauréat. A l’inverse les garçons qui s’orientent vers les métiers de la production ont une offre de formation professionnelle plus large.
La féminisation des classes de seconde est particulièrement forte dans tous les départements d’outre-mer ainsi que dans la France métropolitaine rurale, là où il est plus facile pour les garçons de trouver du travail avec un diplôme professionnel (Vendée, Manche). Toutefois une plus forte présence des filles en section professionnelle s’observe là où les filières tertiaires sont majoritaires, elles représentent en effet 61,9% des élèves des filières des services en baccalauréat professionnel, contre environ 15% dans celles de la production (RERS-2025 p.100)
La part des filles dans les formations professionnelles n’est pas identique dans le privé et le public. Dans ce dernier, la part des filles, à l’exception des formations rares de Niveau IV et V, est toujours inférieure à celle des garçons, alors que dans le privé la présence des filles dans les différents niveaux de formation est presque toujours proche de la moitié, excepté dans les formations à effectifs réduits (CAP en 1 an, Mentions complémentaires et Niveaux V et IV hors baccalauréat professionnel). Cette différence s’explique en partie par le fait que les lycées professionnels privés ont une offre de spécialités traditionnellement plus plus centrée sur les spécialités tertiaires (secteur sanitaire et social, secrétariat…)
Une présence inégale dans l’enseignement supérieur
Les filles sont majoritaires dans les plupart des disciplines présentes dans les universités à l’exception des sciences et des STAPS. En sciences elles sont proportionnellement encore moins nombreuses dans les filières courtes à recrutement sélectif (STS et DUT) ainsi que dans les classes préparatoires et les écoles d’ingénieurs. Leur contribution aux doctorats est toujours inférieure à leur présence dans les licences et les masters et ne dépasse 50% que dans trois domaines : agronomie et écologie, médecine et santé, sciences humaines et humanité.

De manière générale la part des filles en formation est toujours légèrement supérieure à celles des garçons, particulièrement entre 18 et 25 ans.
(Absence de mise à jour par manque de source)
La seule évolution notable est l’augmentation de la part des personnes toujours en formation à 21 ans, qui correspond à l’incitation à atteindre le niveau bac + 5. Pour autant la proportion de personnes à poursuivre au-delà n’augmente pas aussi vite.
CPGE : une affaire de scientifiques ?
Mise en ligne : 10 Mai 2019 dernières mises à jour le 18/02/2026



